En septembre 2024, j’ai commencé la refonte du site de Nature 18, une association de protection de la nature basée à Bourges. Quatre mois de travail, des dizaines de pages ramenées à 14, et un résultat que l’équipe pilote seule depuis la livraison.

Ce que ce projet avait de particulier, c’est qu’il n’y avait aucune pression de date, aucun cahier des charges figé, et une relation de confiance qui existait bien avant la mission. Idéal pour travailler lentement et bien, et pour comprendre ce que « refondre » veut vraiment dire.

Une association du Cher avec 50 ans d’histoire

Nature 18 existe depuis 1970. C’est une association loi 1901, indépendante, militante, membre du réseau FNE (France Nature Environnement). Une dizaine de salariés, environ 500 bénévoles actifs dans le Cher, et un spectre d’activités large : inventaires naturalistes, animations scolaires, sorties terrain, groupes thématiques, accompagnement des collectivités.

Je connais l’association de l’intérieur depuis plusieurs années, j’y suis bénévole. Ce n’est pas anodin : quand on commence une refonte, avoir une connaissance fine du client, de ses publics et de ses contraintes, ça change la façon dont on pose les questions. Et les questions qu’on ne pose pas parce qu’on connaît déjà les réponses.

Le site, en revanche, je l’avais regardé avec les yeux d’un visiteur. Et ce que je voyais n’était pas à la hauteur de l’association.

Le site qu’on connaissait tous : tentaculaire, vieillissant, oublié

Le site existant tournait sur WordPress, mais sans thème enfant, ce qui rendait toute modification risquée. La version de PHP n’était plus à jour. Le design accusait son âge.

Mais le vrai problème, c’était la structure. Des pages nombreuses, empilées au fil des années, avec des sous-menus qui contenaient eux-mêmes des sous-menus. Des contenus devenus orphelins, que personne ne consultait plus mais que personne n’avait osé supprimer non plus.

Deux fonctionnalités tiraient particulièrement la langue : les actualités publiées sur le site, par intermittence, bien moins vivantes que la page Facebook de l’association, et un calendrier d’événements carrément laissé à l’abandon. Toujours là, visibles, comme des vitrines à moitié vides.

C’est un cas très courant. Un site associatif commence souvent petit, puis grossit par ajouts successifs. Chaque nouveau projet mérite sa page, chaque événement passé reste en ligne. Avec le temps, le site devient un entrepôt. Les visiteurs ne savent plus où regarder, et l’équipe ne sait plus quoi mettre à jour.

Refondre, ce n’est pas reconstruire à l’identique

La tentation, dans une refonte, c’est de reproduire ce qui existe en plus joli. Même structure, même logique, nouveau costume. C’est rarement la bonne réponse.

Avec Nature 18, on a choisi de repartir des usages réels plutôt que de l’arborescence existante. Qu’est-ce que les visiteurs cherchent vraiment ? Ces questions ont guidé trois décisions structurantes.

Réduire les pages à l’essentiel

On a repris l’ensemble du contenu depuis le début, en se posant une question simple : qu’est-ce que fait Nature 18, et comment le regrouper logiquement ?

Plutôt que de conserver la logique « une action = une page », on a classé les informations par grandes thématiques et rassemblé ce qui avait vocation à cohabiter. Le site livré compte 14 pages, pas par souci d’économie, mais parce que c’est le nombre qu’il fallait une fois le contenu bien organisé.

Remplacer les actualités du site par le flux Facebook

L’association est active sur Facebook. Les actualités y paraissent régulièrement, avec des photos, des réactions, de l’engagement. Sur le site, les actualités s’affichaient en liste sur la page d’accueil, mais elles étaient publiées par intermittence, bien moins souvent que sur Facebook.

Plutôt que de demander à l’équipe de doubler son effort, publier sur Facebook et rédiger une actualité sur le site, j’ai intégré le flux Facebook directement dans la page d’accueil via un plugin dédié. Le flux est vivant parce que Facebook est déjà vivant.

Choisir un calendrier d’événements simple et autonome

L’ancien calendrier était à l’abandon. On l’a remplacé par The Events Calendar, qui propose un plan gratuit largement suffisant pour les besoins de l’association. Sobre, efficace : les animations sont saisies une fois, affichées proprement, et l’agenda se gère en autonomie complète.

Quatre mois d’allers-retours, et un site qu’ils gèrent seuls

La mission a duré de septembre 2024 à janvier 2025. Pas de pression de date, pas de cahier des charges figé dès le départ : on avançait par itérations, on montrait, on ajustait.

Ce rythme d’allers-retours, je le considère comme une partie normale du travail, pas comme un signe que quelque chose se passe mal. Un site associatif touche à beaucoup de publics différents. Il faut du temps pour trouver le bon équilibre entre ce que l’association veut dire et ce que le visiteur a besoin de comprendre.

À la livraison, on a pris le temps de parcourir le site ensemble : où aller pour modifier un texte, remplacer une photo, ajouter un événement au calendrier. Pas une formation au sens formel du terme, plutôt une passation. Depuis, le site vit sans que j’aie besoin d’intervenir.

« Jean-Philippe a modernisé notre site de A à Z ! On le gère en autonomie et les retours sont unanimes. Un an plus tard, il nous a développé un CRM sur mesure pour gérer nos adhérents. Sérieux, réactif, on recommande ! »

Nature 18

Quelques mois plus tard, Nature 18 m’a de nouveau sollicité pour construire un outil de gestion interne sur mesure. Le meilleur signe qu’une première mission s’est bien passée.

Ce que ce projet m’a appris

Une refonte, ce n’est pas une reconstruction à l’identique avec un design plus récent. C’est d’abord un travail de soustraction : identifier ce qui sert vraiment, et avoir le courage de laisser tomber le reste.

C’est plus difficile qu’il n’y paraît. Supprimer une page, c’est parfois supprimer des années de travail bénévole. Ça demande de la pédagogie, et une vraie écoute de ce que l’association veut préserver, pas seulement en termes de contenu, mais en termes d’identité.

Ce projet m’a aussi rappelé qu’un site livré n’est pas un site réussi. Ce qui compte, c’est ce qu’il devient six mois après, un an après. Est-ce qu’il est tenu à jour ? Est-ce qu’il rend service à ceux qui le visitent ?

Pour Nature 18, la réponse est oui. Et ça, c’est le résultat qui m’intéresse.

Ce qu’il faut retenir

  • Une refonte commence par un inventaire honnête : ce qui sert, ce qui ne sert plus.
  • Regrouper les contenus par thématiques vaut mieux qu’une page par sujet.
  • Les outils choisis doivent correspondre à ce que l’équipe est capable de faire vivre dans la durée.
  • Une livraison réussie, c’est un site que le client gère seul.

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